🧡 Apprivoiser son ombre

Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux,
mais en plongeant dans son obscurité.
Mais ce travail est souvent désagréable, donc impopulaire

—  Carl Gustav Jung

Très souvent, on associe les émotions à de la faiblesse et on cherche à les dominer pour paraître plus fort et stable – alors que c’est précisément ce qui nous porte préjudice. Quand une émotion inconfortable vient à nous, c’est une sensation désagréable, qui peut même se manifester sous la forme de douleur physique (et de nombreuses maladies proviennent de dérèglements émotionnels).  L’instinct humain nous incite à nous précipiter à trouver une distraction ou une diversion à ce qu’on ressent : on préfère ne pas voir nos « mauvais » côtés ou accuser les autres d’être responsables de notre réaction. On labellise les émotions et on les juge quand elles sont « négatives », ce qui nous empêche de les assumer et de comprendre leur message pour en guérir pour de bon.

Pendant longtemps, j’ai eu deux réflexes pour gérer mes émotions :
– considérer qu’elles étaient exagérées et les refouler,
– accuser un élément extérieur d’être responsable de ma réaction + m’enfoncer dans ce sentiment en me victimisant.

Mais cette façon de raisonner s’est avérée limitante. J’ai toujours eu un tempérament de médiatrice donc face à certaines situations, j’ai du apprendre à changer ma manière de penser et à me faire violence pour trouver une issue, au risque d’être complètement désemparée et coincée dans mes schémas mentaux.

J’ai donc commencé à essayer de développer une perspective différente et constructive pour gérer mes ressentis. En ne restant pas bloquée sur la forme, mais en creusant dans le fond. En me demandant pourquoi je ressens ce sentiment particulier ? Quelle est le déclencheur émotionnel à l’intérieur de moi qui me fait réagir de cette façon ?

Pour pouvoir engager ce processus, il faut une grosse dose d’honnêteté envers soi-même. Et d’humilité. Si quelqu’un qui m’est cher souligne une réaction émotionnelle en moi, au lieu de m’énerver ou d’être contrariée, j’essaye de regarder à l’intérieur de moi pour voir s’il y a une part de vérité dans ce qui m’a été dit.

Deepak Chopra (❤️) nous propose 5 questions à nous poser pour identifier nos émotions :

∴ Qu’est-ce que je ressens ?
∴ Où est-ce que je le ressens dans mon corps ?
∴ Pourquoi je réagis de cette manière ?
∴ Est-ce que j’ai déjà réagis de la même manière face à une situation similaire dans le passé ?
∴ Est-il possible de réagir différemment ?

En répondant à ces questions, j’essaye de ne pas me juger et de rester bienveillante avec moi même. Il n’y a absolument rien de mal à ressentir un sentiment négatif : ils font partie intégrante de notre existence. C’est ce qu’on fait avec ces sentiments qui compte.

En prenant la responsabilité de ce que je ressens, je réalise que personne ne peut me forcer à ressentir quoi que ce soit contre mon gré. Qu’importe ce que la personne en face de moi a dit ou fait. Qu’importe la situation dans laquelle je me trouve. Même si mes sentiments sont absolument justifiés, ils m’appartiennent toujours et ils ne dépendent que de moi. Croire le contraire ne fait que me freiner et m’enfoncer.
Qu’importe mon sentiment, j’en prend possession car c’est moi qui l’ai créé. Et en possédant ce sentiment, il commence déjà à se dissiper.

You don’t heal by suppressing. You heal by feeling, facing and releasing.

—  Anonymous

La chose la plus importante que j’ai réalisée est que je contrôle mes émotions. Je peux interpréter les événements, les circonstances, les mots et les échanges de différentes manières. Si j’y réponds négativement, c’est parce que j’ai une idée prédéfinie sur la façon dont les choses devraient se passer. Je résiste à la nature de ce qui est en apportant mon jugement.

Pourquoi ne pas juste accueillir ce que je ressens avec bienveillance ? Que ce soit important ou pas. Justifié ou pas. Mauvais ou bon. Si je le ressens c’est que j’ai mes raisons, qui me sont propres. Le voir et en avoir conscience, c’est déjà un grand pas.

Maintenant, quand je ressens quelque chose de désagréable, je laisse cette sensation me parcourir et je me permets de la ressentir profondément. Puis je l’extériorise sans la juger. Comme le font si bien les enfants : je pleure si j’en ai envie. Je crie si c’est ce qui doit sortir. Sans catégoriser ou ridiculiser… . Si j’ai quelque chose à dire, je m’exprime avec calme et confiance pour dire ce que j’ai sur le cœur et éviter de réprimer ce que je ressens (c’est ce qu’on appelle la communication consciente). Et là, quelque chose de fou se produit :

En étant capable de m’écouter et de m’observer, je me reconnecte à moi et je remet de la conscience dans ma vie. Mes émotions mettent la lumière sur ce qui ne va pas, ce qui ne coïncide pas au plus profond de moi. Elles sont porteuses de messages et me permettent d’identifier mes peurs, mes besoins, mes mécanismes inconscients, mais aussi mes mécanismes face aux autres (par effet miroir, car je remarque en l’autre ce que je porte en moi). Tout ça pour me transformer. Mes émotions deviennent mes meilleurs guides pour m’offrir des opportunités d’évoluer et de grandir.

Tout ce qui ne vient pas à la conscience… Ce qu’on ne veut pas savoir ou reconnaître en soi-même… On le rencontre plus tard, sous forme de destin

—  Carl Gustav Jung (encore, parce qu’il gère)

Ça fait du mal d’être en colère. D’avoir de la rancœur. De la frustration. Ou d’avoir peur. De se comparer aux autres. D’être jaloux. Ou triste. Mais c’est tant mieux ! Grâce au fait que ce soit désagréable, tu peux comprendre que ta perspective te déconnecte de la vie.
L’amour, la joie, la compassion, la légèreté, la sérénité : c’est ce à quoi ton âme aspire – et elle ne s’arrêtera pas de t’envoyer des signaux tant que tu t’éloigneras de ton chemin. Et parce que ça fait du bien, tu sais quand ta perspective est alignée avec ta vérité.

Aujourd’hui, j’essaye de regarder avec douceur ce que je ressens. Je comprends que mon cœur essaie de me transmettre un message en mettant en lumière ce que j’ai besoin de travailler – et c’est un travail qui rend humble, car on ne finit jamais d’apprendre.

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